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histoire des idées politiques


Les fondements de la pensée politique
de l’Antiquité à l’aube des Lumières

La pensée politique naît en Grèce grâce à la rationalisation de la pensée due aux philosophes ioniens et à l’émergence de la Cité («Polis»). Les Grecs s’interrogent sur la classification des régimes et sur la question du meilleur régime possible. Tandis que Platon imagine une cité gouvernée par un «philosophe-roi» et que Xénophon exalte la monarchie, Aristote donne sa préférence à une démocratie modérée s’appuyant sur les classes moyennes. La conquête d’Alexandre le Grand brise le cadre étroit de la cité, favorisant l’essor des idéologies impériales (monarchies hellénistiques et empire romain) et du cosmopolitisme stoïcien. Le christianisme, religion qui prône le détachement de la politique devient la religion officielle de l’empire romain et doit alors concilier le respect de ses principes, les promesses de la cité céleste et les exigences de la cité terrestre (Saint Augustin). Le Moyen-âge réalise la fusion de l’héritage romain et de l’apport des peuples barbares qui se concrétise dans le couronnement de Charlemagne comme empereur en l’an 800. La période médiévale est marquée par le choc des deux universalismes concurrents, pontifical et impérial, qui mobilisent des arguments politiques en leur faveur mais qui s’épuisent mutuellement dans des luttes intestines, favorisant l’émergence des Etats- Nations. Au XVIe siècle, les grandes découvertes élargissent les horizons des hommes tandis que l’humanisme permet de redécouvrir le legs de l’Antiquité. Les réformes protestantes (Luthérienne et calviniste) brisent l’unité de la Chrétienté et plongent l’Europe dans la tourmente des guerres de religion. Face à cela une sécularisation de la pensée politique s’affirme. Jean Bodin théorise la souveraineté de l’Etat tandis que les doctrines de la Raison d’Etat et du Machiavélisme se développent. Le concept de monarchie absolue fusionne avec l’idée du droit divin au XVIIe siècle, le modèle le plus achevé étant le régime de Louis XIV.



Pensée politique contemporaine
(XVIIIe-XXIe siècles)

Préparée par la philosophie des Lumières, la révolution française, en détruisant la société de l’Ancien Régime, fait passer l’individu de l’hétéronomie à l’autonomie, achevant un processus commencé à la Renaissance. Le libéralisme, issu des révolutions américaine et française, s’impose progressivement comme une idéologie qui s’oppose tout au long du XIXe siècle à la démocratie à propos du suffrage universel avant de fusionner avec elle donnant naissance aux démocraties libérales occidentales. Tandis que subsiste une pensée conservatrice et contre-révolutionnaire nostalgique de l’ordre ancien, la société industrielle donne naissance au socialisme qui critique le libéralisme en proposant dans un premier temps des systèmes utopiques puis avec le Marxisme en prétendant fonder un socialisme «scientifique». Le nationalisme est la troisième idéologie avec le libéralisme et le socialisme à naître des suites de la révolution française, plaçant la nation et non l’individu ou les classes sociales au cœur de la réflexion politique. Le XXe siècle est celui des «religions séculières» (R. Aron). Le communisme et le fascisme sous ses différentes formes s’affrontent tandis qu’ils se présentent chacun comme des alternatives à la démocratie libérale, cette dernière finissant tout de même par l’emporter. La nature particulière de ces régimes a amené les penseurs à forger le concept de «totalitarisme» qui a suscité nombre de controverses et de débats. La chute du mur de Berlin et l’effondrement des régimes communistes sonnent le glas des «grands récits» et des idéologies à prétention globalisante. Le triomphe apparemment sans partage de la démocratie libérale ne marque pourtant pas la «fin de l’histoire» ni des affrontements d’idées en science politique. En témoignent le débat fécond qui s’est développé aux Etats-Unis entre les «libéraux» individualistes et les tenants du renouveau de l’idée de «communauté», les controverses actuelles sur le multiculturalisme et le retour spectaculaire de l’Islam politique dans les pays musulmans qui s’érige en contre-modèle de la démocratie libérale occidentale.


Objectifs de l’enseignement

Ce cours a pour but de présenter un tableau des idées politiques depuis la révolution française de 1789 jusqu’à nos jours en expliquant leur genèse et en les replaçant dans l’évolution historique générale des sociétés qui les ont vus naître.